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Chapitre IX

Conclusions

1°Le Patronyme  2°Les Lieux

3°Les Seigneuries  4° Les religions

5° Les armoiries  6° Marais, Maretz, Marets, Marès...


1° Le patronyme
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de la Butte, de Babutte, de Babute, de Babut, Babut.

Dans les fiefs du Bourbonnais, Aubert de la Faige et Roger de la Boutresse écrivent que Jean Babute, secrétaire du Roi Charles VI et de Louis II de Bourbon fit élever à Moulins, en 1370, un hôtel proche du pré Ballaval, au milieu duquel se trouvait une motte dont tirait son nom la très ancienne famille Babutte ou de la Butte.

Or d’Hozier dit que cette même famille a pris son origine dès 811 et qu’elle fit bâtir près de Chaudes-Aigues, en 994, une " forte et belle tour ". Ce n’est donc pas à Moulins que les Babute trouvèrent leur nom, mais bien plus vraisemblablement à Chaudes-Aigues. Une tour, en l’an 1000, ne s’élevait pas en rase campagne, à cette époque où régnait le brigandage. Surtout lorsqu’elle était forte et belle. Sans doute dominait-elle la campagne alentour.

Va donc pour ces sires de la Butte ! Accueillons Raoul de Babute en l’an de grâce 1002 !

Ses descendants passèrent en Berry où ils se fixèrent à Billy vers le milieu du XIV° siècle, et l’un d’eux à Moulins où il fit construire un hôtel. Mais les ducs de Bourbon élevèrent bientôt un nouveau château, à Billy, celui de Moulins étant désormais appelé le vieux palais, puis un autre encore à Germigny vers 1500. Les Babute les suivirent, abandonnèrent Moulins et de Billy passèrent à Germigny vers 1500 puis à Saint-Pierre-du-Mont vers 1550. Ils furent barons en ces deux lieux. C’est vers la fin du XVII° siècle que l’on rencontre pour la dernière fois des Babute. Vers 1670.

Lacger, Lagger, Légès, Laiges, Lages, Lacger-Babut.

A Toulouse, en 1564, Jean Lacger, dit Babut, était capitoul (Chaix d’Est-Ange, vicomte de juillac, mairie de Toulouse). Saint-Allais, dans son nobiliaire de France, cite un Jean de Babute, admis dans l’ordre de Malte en 1531 et capitoul. Pourquoi ce Jean Lacger fut-il dit Babut ?

Rietstap, dans son armorial général, écrit que le nom de Babute ou Babutte s’orthographiait aussi Babut.

On a vu la filiation en ligne directe des Lacger, depuis ce Jean dit Babut :

- Jean, qui épouse Marguerite d’Humières,

- Jean Lacger-Babut, qui épouse Anne de Custos,

- Guy de Babut, époux de Marguerite de Séguier,

- Pierre de Babut, mari de Jeanne Dufau,

- André de Babut, qui épouse Marie de Clavet.

Ainsi, le nom de Babut se substitue à celui de Lacger. Les quatre enfants de Jean Lacger dit Babut sont nommés : Jean Lacger-Babut, Marguerite de Babut, Jean Lacger, Marie de Laiges de Babut.

Dans la génération suivante, les quatre enfants de Jean Lacger-Babut sont tous nommés de Babut. De même encore les quatre enfants issus de l’aîné d’entre eux. Mais l’aîné de ces derniers, qui a aussi quatre enfants, voit deux d’entre eux relever le nom et se nommer Lacger de Babut. Après quoi le nom de Lacger disparaît définitivement.

Le premier Lacger rencontré est Pierre, qui teste en 1523. Il a un fils Guy, juge d’appeaux à Castres en 1530, dans le temps où Jean Lacger-Babut est capitoul à Toulouse. Guy donne naissance à la famille des Lacger-Camplong, originaire de Puylaurens selon Révérend. Jean Lacger donne naissance aux sieurs de La Pointe, d’après Lainé. Sans doute forment-ils au départ une seule et même famille. Ce qui expliquerait pourquoi Chaix d’Est-Ange et Lainé font remonter les Babut à Jean Lacger-Babut et pourquoi Révérend fait de Pierre la souche des Lacger de Camplong. Ce qui expliquerait aussi cette déclaration de noblesse au profit de Jacques Babut comme capitoul de Toulouse en 1669 (Louis de La Roque) ou sa maintenue dans la noblesse en vertu du capitoulat de son ancêtre (Chaix d’Est-Ange).

Telles sont donc les origines de la famille Lacger. Il nous faut à présent revenir à la question : pourquoi Jean Lacger fut-il dit Babut ?

Rassemblons donc les données que nous avons sur le personnage.

(Chaix d’Est-Ange, dictionnaire des familles anciennes ou notables à la fin du XIX° siècle, tome II, Aub-bar.,page 173, Evreux 1904, imprimerie Charles Herissey, rue de la Banque) "  Maitre Jean Lacger, dit Babut, docteur et avocat au parlement de Toulouse, capitoul de cette ville en 1554, 1559 et 1564, fut anobli par ses fonctions et fit son testament en 1573. " " Jean Lacger, dit Babut, capitoul de Toulouse en 1554, 1559 et 1564, décéda en 1573 et laissa deux fils, tous deux appelés Jean, dont l’aîné, Jean Lacger-Babut, conseiller au parlement de Toulouse en 1573, marié à Anne Custoz, fit son testament le 20 août 1580 et continua la descendance. "

(Lainé, nobiliaire de la généralité de Montauban)

" Jean Lacges, dit Babuti ou Babut, docteur en droit, élu capitoul de Toulouse en 1544 et 1545. "

(Vicomte de Juillac, table générale alphabétique des consuls et capitouls de Toulouse depuis l’an 1190 jusqu’à 1790, pages 444, 465 et 481)

" Babut, Jean, 1565-1565, docteur et avocat "

(Saint-Allais, nobiliaire de France)

" Jean de Babute, admis dans l’ordre de Malte en 1531, capitoul en 1544. "

(Abbé de Vertot, liste des chevaliers de Malte)

" Jean de Babute, fils de Madoc Babute. "

(Louis de La Roque, catalogue des chevaliers de Malte)

" Jean de Babute "

(Mairie de Toulouse, lettre du 12 janvier 1938)

" Nous avons recherché dans nos archives des traces du capitoul Jean Babut. Nous avons trouvé, dans la liste des capitouls de 1544 le nom de Jean Lagges, dit Babuti, avocat au parlement, qui représentait le capitoulat de Saint-Barthélémy. Au mois de février 1565, le roi Charles IX, de passage à Toulouse, choisit lui-même les capitouls. Le procès-verbal de l’élection est conservé dans nos archives. Parmi les noms de cette liste figure celui de Jean Babut, capitoulat de la Dalbade, docteur et avocat en la cour, aussi longtemps auparavant Capitoul. Cette mention, puis le fait que prénom et profession concordent et que les capitoulats de la Dalbade et de Saint-Barthélémy sont contigus nous inclinent à penser qu’il s’agit du même personnage. "

Tous ces renseignements, malheureusement, ne s’accordent pas. Il convient d’y voir plus clair.

Jean de Babute, admis dans l’ordre de Malte( Louis de La Roque) en 1531, était fils de Madoc (Abbé de Vertot). Il était capitoul de Toulouse en 1544 et 1545 (Lainé). Pour le vicomte de Juillac, il n’y eut qu’un capitoul, qui le fut en 1564 et 1565, et c’était Jean Babut, docteur et avocat.

Celui que les archives de Toulouse renseignent comme ayant été choisi en 1565 par le roi Charles X, et qui serait le même que celui de 1544, puisqu’il est écrit dans le procès-verbal ‘‘aussi longtemps auparavant capitoul’’. Tout concorde ainsi.

Mais il y a Chaix d’Est-Ange, qui cite trois Jean Lacger-Babut : un premier, Jean Lacger dit Babut, docteur en droit et avocat au parlement, capitoul en 1554, 1159 et 1564, qui teste et décède en 1573 ; un deuxième, fils du premier, Jean Lacger dit Babut, conseiller au parlement, marié à Anne Custoz, qui teste en 1580 et qui continue la descendance ; un troisième, fils aussi du premier, capitoul en 1564, soit donc en même temps que son père. Si cela paraît étonnant, ce n’est pas impossible, d’autant qu’il s’agit de deux capitoulats différents, mais contigus. Et cela justifierait que les deux frères se soient appelés l’un Jean Lacger-Babut, l’autre Jean Lacger.

Chaix d’Est-Ange ne donne la descendance que du premier, qui constitua les seigneurs de Saint-Sauveur, de Ségur et de La Pointe.

Il ne dit rien du puiné, sinon qu’il fut Capitoul. Ce qui ne prouve pas qu’il resta sans postérité. Il était courant, à l’époque, que les cadets aillent s’installer ailleurs ou entrent dans les ordres.

L’aîné eut un fils, qu’il nomma Guy ou Guillaume et qui se maria en 1599, puis en 1605. Et à Lalinde il y eut un Guilhen ou Guillaume Babut, qui fut consul en 1584, alors que Jean Lacger avait été capitoul en 1564.

Le personnage apparaît plus clairement. Mais à qui se rattache-t-il ? S’il est fils de Madoc comme le dit l’abbé de Vertot, la question est résolue. Mais alors il s’appelle de Babute et est fils de Geneviève de Vaudebar. Où tirerait-t-il ce nom de Lacger ? Et d’où lui viendrait cet écu de gueules au chevron d’or accompagné en chef d’un pélican d’argent au chef d’or aussi, soit l’écu attribué aux Babut du Languedoc par Rietstap ? Et le père résidant et décédant à Germigny, qu’eût donc été faire le fils à Toulouse pour y devenir si vite l’un des capitouls ?

De ce Madoc de Babute, d’Hozier donne trois enfants : Gaspard, qui poursuit la filiation, un autre fils, chanoine à Nevers et Marie, religieuse à Nevers également. Ce Gaspard est cité par de nombreux auteurs : Soultrait (armorial du Bourbonnais et Titres de Nevers), Rietstap (armorial général), Lachesnaye (dictionnaire de la noblesse), La Thaumassière (histoire du Berry), Baudiau (le Norvand, Nevers 1867), de Villenaud et de Flamers (nobiliaire du Nivernais), des Gozis (collection), Mgr Auvity (Germigny-l’Exempt et sa châtellenie). Le père de Gaspard, Madoc, est en outre cité par Bettencourt (noms féodaux). Aucun de ces auteurs ne donne un frère à Gaspard. Mais d’Hozier, beaucoup plus complet, mentionne un frère de Durand, dont le prénom est Jean ; un frère de Philibert, encore un Jean ; un frère de Madoc, et c’est encore un Jean, dont il dit qu’il est protonotaire, c’est à dire archi-chancelier. Cela fait assurément beaucoup de Jean ou Jehan, pur lesquels il y a peu de précisions quant aux dates :

    • Jehan de Babute, frère de Durand, fut lieutenant du grand bailli de… au siège de… et d’Hozier donne une date pour Durand : 1373.
    • Jehan de Babute, frère de Philibert, fut religieux. Une date pour Philibert : 1442.
    • Jehan de Babute, frère de Madoc, fut protonotaire. Une date pour Madoc : 1520.

Mais il est encore d’autres Jean de Babute : un qui épouse Claire de Sarta en 1562 ; un autre, époux de Jeanne de Guillemette en 1564 ; un autre encore, marié à Claire de Robin en 1573. Et ces trois Jean furent docteur et avocat !

Ce n’est pas tout. Un Jean Babut reçut en 1507 le prieuré d’Estrefonts (Haute-Garonne) et un Jean de Babut la rectorerie de l’église paroissiale de Vaux (Haute-Garonne). Les trois premiers Jean de Babute peuvent ne former que deux personnages, voire un seul. Les deux derniers, Jean Babut et Jean de Babut peuvent également ne former qu’une seule personne. Ceux-ci sont en Languedoc, ceux-là vraisemblablement en Bourbonnais ou Nivernais.

Le seul lien entre les de Babute et les Lacger est fourni par Saint-Allais, qui parle d’un Jean de Babute, admis dans l’ordre de Malte et capitoul en 1544. Or le capitoul de 1544 c’est Jean Lacger, dit Babuti ou Babut. On ne voit pas pourquoi un de Babute, chevalier de Malte en 1531 se serait fait appeler Lacger treize ans plus tard, en devenant capitoul. D’autant plus que ses descendants furent anoblis en vertu de ce capitoulat et que dès lors Jean Lacger ne possédait pas encore cette qualité de noble sans laquelle il est impensable qu’il eût été fait chevalier de Malte.

Dès lors, si l’on se réfère aux dates, le chevalier de Malte de 1531 semble bien devoir être Jehan de Babute dont la charge de protonotaire était très importante, et qui était frère de Madoc pour lequel d’Hozier cite la date de 1520. Saint-Allais doit décidément s’être trompé lorsqu’il a confondu le chevalier de Malte et le capitoul de Toulouse. Et du même coup disparaît le lien entre la famille de Babute et la famille de Lacger.

Mais il n’en reste pas moins ce Lacger dit Babut ! Ce qui est beaucoup plus vraisemblable, c’est une union entre un Lacger et une Babute, et que l’enfant issu de ce mariage ait adopté le nom de sa mère, de plus grande notoriété.

De nombreux exemples existent et jusque dans le présent ouvrage : les enfants nés de l’union de Raoul de Pouques et d’Agnès de Fontenay (1541) prirent le nom et l’écu de leur mère. Et c’était la même époque ! De même firent, plus tard, les enfants issus du mariage de Guillaume de Babut avec la dernière descendante des Nogaret. On sait que Philippe IV le Bel nomma Guillaume des Nogaret garde des sceaux, ce qui valut à sa famille un très grand renom.

Et Chaix d’Est-ange écrit à ce sujet : " la branche aînée de la famille de Babut, substituée au nom et armes de la famille de Nogaret, s’est éteinte en la personne de mademoiselle de Babut de Nogaret, mariée en 1820 au comte de Brette-Thurin (tome 2, page 173, Evreux 1904).

Dès lors, Pierre Lacger, qui teste en 1523, a deux fils : Guy, qui est juge d’appeaux en la cité de Castres en 1530, et Jean, élu capitoul à Toulouse en 1544.

Du premier descendent les seigneurs de Saint-Laurent, de Navès, de La trinque et de Camplong, du second sont issus les seigneurs de La Pointe. Et c’est Jean qui épousa une de Babute, sœur de Madoc et du protonotaire chevalier de Malte, ce qui justifie le choix que firent ses descendants du nom de leur mère.

 

2° Les lieux

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Nous avons suivis les Babute depuis 950 jusqu’en 1650 et les Lacger depuis 1550, les premiers en Bourbonnais, Berry et Nivernais après Auvergne, les deuxièmes en Languedoc. Mais à Lalinde, en Périgord, dès la seconde moitié du XVI° siècle, des Babut furent consuls.

Le dernier connu de ceux-ci fut J. Babut de La Pradelle, qui fut notaire et consul en 1627.

Dans ce même Périgord, à Périgueux sa capitale, Joseph Babut, avocat au parlement, obtint un brevet d’armoiries en 1701, signé par d’Hozier, celui-là même qui écrivit la généalogie des de Babute.

Joseph Babut y est qualifié de seigneur du Marès et son écu est d’azur à trois pal d’or, soit celui que Rietstap reconnaît aux Babut en Guyenne et Gascogne dans son armorial général, celui aussi que le comte de Saint-Saud donne aux Babut des Marais, des Merles et Montirac dans ses additions à son armorial du Périgord, celui encore que d’Hozier attribue aux Babut, seigneurs du Marès ou des Marets dans son armorial général de France.

Le fils de Joseph naît à Issigeac en 1725 et est prénommé Pierre. Lequel Pierre devient mousquetaire du Roi, en faisant la preuve indispensable qu’il est gentilhomme ou vit noblement depuis trois générations. En cette même année 1725, naît à Bergerac, à quelque vingt kilomètres, un autre Pierre Babut, fils d’Elie.

En 1737, Jean Babut, originaire de Lalinde, est reçu bourgeois de Bergerac. Il y établit une faïencerie et a un fils Pierre. Un troisième Pierre !

Et chacun de ces trois Pierre aura un fils, qu’il nommera Pierre !

A la vallade, à environ trente kilomètres, Jean-Elie Babut naît en 1771, fils d’Isaac. Dans la génération suivante, un autre Jean-Elie apparaîtra, petit-fils d’Elie.

La proximité d’Issigeac, de Bergerac, de La Vallade et de Lalinde, la profusion de tous ces Pierre, ces deux Jean-Elie dans deux branches différentes, tout cela semble prouver qu’il s’agit d’une même famille qui descend des Babut de Lalinde, ceux-ci issus des Lacger-Babut si l’on en croit Chaix d’Est-ange, Lainé, Le Pelletier, Rietstap, c’est à dire beaucoup d’auteurs. Et les armes définies par le brevet accordé par d’Hozier à Joseph Babut prouvent qu’il s’agit de la famille que Rietstap appelle Babut en Guyenne et Gascogne, et le comte de Saint-Saud Babut des Marais, des Merles et de Montirac, en Périgord.

La géographie confirme d’ailleurs tout cela : Les Marais et les Merles se trouvent dans le canton de Bergerac, et Montirac dans le canton de Lalinde !

Retenons quatre citations :

- La branche de Babut, faïenciers de Bergerac, était catholique.

Une autre branche de la famille avait embrassé la réforme et subsiste encore à La Rochelle. Un de ses membres a été pasteur à Nîmes, dans le Gard (société historique et archéologique du Périgord, séance du 3 février 1910)

- Le pasteur à Nîmes figure dans la généalogie des Babut de Nantes, issus de Pierre Babut, né à Bergerac en 1725 et cousin de Pierre, né la même année à Issigeac.

- Les Babut qui furent consuls à Lalinde constituent une branche de la famille de La Rochelle à laquelle appartient le pasteur de Nîmes.

- Les Babut sont issus de Jean-Elie Babut, né à La Vallade près de Monpazier.

De ces affirmations il résulte que Joseph, Elie, Jean et Isaac appartiennent à la même famille et que Joseph et Elie étaient frères ; que les Babut qui furent consuls à Lalinde et ceux de La Rochelle forment une même famille ; et qu’à cette famille appartiennent aussi les faïenciers de Bergerac, puisqu’ils étaient originaires de Lalinde.

Une contestation pourtant : le pasteur de Nîmes n’est pas issus de la branche de La Rochelle, mais bien de celle de Nîmes.

Les Babut descendent des Lacger, selon Chaix d’Est-ange et par conséquent aussi les Babut de Lalinde. L’union Lacger-Babut eut lieu vers 1500. Il n’est donc pas exclu que les Babut qui apparaissent à Lalinde vers 1560 soient également issus de cette union. Et dans ce cas Chaix d’Est-ange avait raison et aussi Lainé, Le Pelletier, Rietstap…..

 

3° Les Seigneuries
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Les Babut, issus des Lacger, se scindèrent en deux branches, l’une des seigneurs de Navès, de La Trinque et de Camplong, l’autre des seigneurs de Ségur, de Saint-Sauveur et de La Pointe. Le dernier de ceux-ci fut Pierre, qui connut la révolution et qui était petit-fils d’André, né en 1663 et habitant de Bellegarde en l’élection de Lomagne. Or la Lomagne était en Gascogne, entre Garonne et Gers.

Elle appartenait à la maison d’Auvergne, avant son annexion par Louis XI. Et l’Auvergne fut le berceau des premiers Babute suivant d’Hozier.

Les Babut, passés en Dordogne, furent seigneurs des Marais, des Merles et de Montirac selon le comte de Saint-Saud. Les descendants de Joseph passèrent en Pays-Bas sous le nom de Babut du Marès. Les descendants d’Elie, passés à Paris via Nantes et Nîmes, se savaient cousins de ceux de Joseph puisqu’ils firent figurer ceux-ci sur le faire part de décès de l’un deux et que leur dernière représentante fut mariée en 1932 au marquis de La Soudière sous le nom de Babut du Marès.

D’isaac descendent les Babut qui furent de riches Banquiers à La Rochelle pour terminer leur lignée en Vendée au début du XX° siècle.

4° Les religions
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Si les trois branches issues de Joseph, d’Elie et d’Isaac quittèrent la Dordogne, c’est à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, promulgué par Henri IV en 1598. On sait que Louis révoqua cet édit en 1685.

Les Babute, en Bourbonnais, étaient de religion catholique. Les fils puînés, généralement, entraient dans les ordres. On trouve des religieux dans chacune de leurs générations. Les Lacger, en Languedoc, étaient de cette même religion. En témoignent la religieuse Marthe et Jean Babut, curé à Briatexte. Joseph aussi était catholique, puisqu’il fit baptiser son fils dans l’église d’Issigeac en lui donnant pour marraine la religieuse Marthe. Mais ses descendants optèrent pour la religion réformée.

Pierre, le fils de Joseph, fit baptiser son fils dans une église réformée d’Amsterdam ; le fils d’Elie passa à Nantes ; le fils d’Isaac à la Rochelle. Seuls les faïenciers de Bergerac y demeurèrent catholiques jusqu’en 1770. C’est en 1572 qu’eut lieu la Saint-Barthélémy, sur l’ordre Charles IX. Les protestants y furent massacrés. Vingt six ans plus tard, en 1598, l’édit de Nantes réglait la condition légale de la religion réformée.

L’union d’une descendante des Babute catholiques avec un Lacger de la même religion eut lieu vers 1500 et Calvin propagea la réforme à partir de 1540.

Après les quatre citations examinées plus haut, comparons à présent quatre faits authentiques :

André de Babut, des Lacger-Babut, eut une fille Marthe, religieuse aux files de la Foy. Et une religieuse Marthe, des filles de la Foy, est marraine du fils de Joseph Babut du Marès.

Ce même André eut aussi une sœur Jeanne. Et une Jeanne Babut est marraine du fils de Joseph.

Pierre Babut, petit-fils de Jean, des faïenciers de Bergerac, passe à Bordeaux. Un pierre Babut de Bourdeaux est parrain du petit-fils de Joseph en 1756. Le pasteur d’Amsterdam aurait-il écrit Bourdeaux pour Bordeaux, lui qui a bien écrit née pour né ?

Une certaine Esther Babut est marraine d’un enfant né en 1730 de la veuve de Joseph et de Daniel Valeton ? Et cet enfant est appelé Babut de Valeton.

Ces prénoms bibliques de Joseph, Elie, Isaac, Esther ont été donnés à l’époque où les Babut embrassaient la religion réformée et passaient dans les Pays-Bas, à la Rochelle et à Nantes.

5° Les armoiries
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Les armoiries des Babute en Bourbonnais se ressemblent fort. Sur fond d’argent, les fleurs sont des roses ou des pensées d’azur.

Par contre, celles des Babute en Berry sont fort différentes, puisqu’elles sont palées d’azur et d’or de huit pièces. Or les Babute en Bourbonnais sont renseignés par la Thaumassière dans son histoire du Berry et par le comte de Soultrait dans ses Titres de Nevers. Il s’agit donc bien de la même famille, et de Madoc, Gaspard, François, Hugues, Antoine… Alors, pourquoi ces armes différentes ? Substitution probablement, et adoption de l’écu d’une famille alliée.

Nous avons trouvé suffisamment d’exemples pour encore nous en étonner !

Gaspard écartèle ses armes avec celles des Fontenay. François reprend le nombres de meubles, mais adopte or sur azur au lieu d’azur sur argent. Les fleurs deviennent des trèfles. Il porte de la sorte un écu appartenant à un autre famille, les Le Borgne, si l’on en croit Soultrait, alors qu’il épouse Françoise des Guerres, qu’il est fils de Philiberte de Fontenay et petit-fils de Geneviève de Vaudebar.

Les armes des Lacger n’ont aucune analogie avec les précédentes, ce qui apparemment est normal.

Mais les Lacger se sont aussi nommés Babut. Ils ont même finalement substitué ce nom au leur propre. Et de même qu’il y eut substitution de nom, il dut y avoir substitution d’armoiries, celles-ci étant liées au nom.

Au fait, les armes des Babut en Périgord sont celles des Babut en Berry, les pals étant ramenés à trois, comme étaient trois les roses et les pensées, et aussi les trèfles. Cet écu, attribué – ou confirmé ?- à Joseph, d’azur a trois pals d’or, est ancien. Or nous l’avons trouvé, dans notre chambre, à l’hôtel de la Barbacane, au pied du château des comtes de Foix, sur une gravure rappelant que le plus célèbre des comtes de Foix fut Gaston Phébus, à côté de l’écu de cette famille qui est d’or à trois pals de gueules. Or Gaston Phébus vécut de 1331 à 1391. L’écu d’azur à trois pals d’or existait déjà à cette époque. Mais quelle fut sa relation avec l’écu des comtes de Foix ?

6° Marais, Maretz, Marets, Marès….
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Comme pour le patronyme Babut, faut-il attacher de l’importance aux diverses orthographes de Marès ?

Le brevet délivré à Joseph en 1701 le renseigne comme seigneur du Marès. Le comte de Saint-Saud en fait des Marais. Les registres des baptêmes de l’église d’Issigeac mentionnent en 1725 et 1728 les baptêmes de Pierre et de Jeanne Babut, fils et fille légitimes de joseph, sieur Dumarès et de Catherine Melon (1725), de Jeanne-Catherine Melon (1728).

Ce pierre Babut devint mousquetaire sous le nom de de Marès. Son fils est inscrit le 3 octobre 1736 sur les états-civils d’Amsterdam comme étant fils de Pierre Babut Du Marez ; il est marié sous le nom de Babut de Marets.

Jean-Henri est nommé capitaine de la garde impériale sous le de Babut et est fait chevalier de l’institution du mérite militaire sous le nom de Babut-Dumarès. Son fils Philippe écrit son nom Babut-Dumarès. C’est Henri qui reprendra l’orthographe de brevet de 1701, plus de deux siècles plus tard, en faisant rectifier tous les états-civils erronés par un jugement rendu par le tribunal de Mons le 28 juillet 1906. Il n’est plus, des lors, de discussions possible.

Tous les Babut, restés en France où les titres nobiliaires étaient abolis, ne portèrent plus que le nom de Babut. Seuls ceux passés dans les royaumes de Hollandes et Belgique n’abandonnèrent pas le du Marès, mais lui donnèrent diverses formes. Et pour ne rien simplifier, il existe à Bergerac un lieu-dit les Marais et, à Saint-Nexans, canton de Bergerac, un lieu-dit les Marès…

Et à Cambes, canton de Seyches, non loin de là, un lieu-dit appelé Babut, où des Babut ont vécu…..

 

Jacques Babut du Marès